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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 00:07

 

 

Pour ne pas ravaler ses mots, elle les donne en pature

 

L'écrivant perd sa langue quand il l'a bien pendue

 

C'est en deshabillant sa peur qu'on en voit les coutures

 

C'est en allant au verger qu'il est tombé dans les pommes

 

Ce n'est qu'une fois arrivée au sommet de la montagne que j'ai vu son cache-col

 

Il était si gros qu'il pouvait peser ses maux

 

Cloué au sol,  il se dévissa les chevilles

 

Il rentra dans la police pour oublier sa peau grasse  

 

 

 

Elle se prit les pieds dans ses vers

 

 

L'écriture ne me coule pas des doigts...

Mais se déroule devant moi comme un tapis volant, un clapotis vivant, un paradis bruyant, une broyeuse de cafard, une tondeuse d'idées noires, une feuille à naître, une couverture cérébrale, une ouverture végétale...

 

Dis-moi homme puisque je reste une sorcière, une voix trop forte, une incendiaire, une citerne, une bouffée d'air, une étoufée effarouchée,


Dis-moi...

 

D'où viennent tes rancunes, tes rancoeurs?

Quand as-tu tué la lune et ses yeux trop grands?

 

Suis-je une teigne dévorante, une sphaigne absorbante

 

Je veux me nourrir de mots vrais, de mots d'ivresse pas d'ivrogne, de liesses pas de liasses, de mangroves et de versets, de mots reins et de moraines, de mots fins et de fontaines

 

Dis-moi homme

Que n'as-tu point point laissé à ton propre père?

Que n'as-tu point pardonné à ta propre mère?

 

Mimétisme

 

Mon avis est un aviron, une aronde, moribonde, une rotonde acide, une mappemonde assise

 

Il m'arrive de tordre le cou à mes idées moires de chercher mon vrai reflet dans un miroir

 

Il m'arrive de me retourner sur mon passé pour mieux l'apprivoiser

 

De n'en retirer que des chants et des champs fleuris d'en cueillir les marguerittes et les coquelicots d'en garder les rires et les émotions

 

Mais c'était avant

 

Les regrets ne durent que le temps du chagrin car dans les regrets  pousseraient des mandragores

 

J'y ai ma part de poison bien sûr

 

Défriché un chemin qui nous dépasse

 

Et je n'en vois nul autre...

Par Librellule à tête de chat - Publié dans : Pense -moins bête
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