J'ai toujours aimé sauter dans les frasques immondes de la haine, les pieds joints, en plein centre, comme pour en éclabousser les protagonistes, mais surtout, je n'ai jamais pu m'en empêcher. Je me suis demandée d'où ça venait. De mon éducation à la fois humaniste et solidaire, de mes lectures philosophiques, historiques et littéraires, de documentaires, de tous ceux qui dénoncent les affres de la guerre, les dictatures, les manipulations mensongères, de ce que j'ai pu comparer, de vos rumeurs et de mon vécu, de vos rumeurs et du vécu connu des autres, et de ce qu'ils prétendaient, les nazis.
Mon père ne s'était pas trompé, qui m 'avait surnommé" Fouille-merde", et je suis sûre que quelque-part, il en était fier. Ce fut le seul qui m'avait prévenu, quand j'en eus l'âge et la compréhension possible. "Ici, on est en terrain miné".
Ce fut l'un des deux seuls, du moins à ma connaissance, qui fut désigné indésirable par le nazi. Ce n'est pas un hasard non plus. Il arrive aussi que les nazis renient leur propre descendance. J'ai connu plusieurs cas. Personnellement, pour avoir vécu dans une famille aimante et loin d'être parfaite, ça me reste incompréhensible. Le nazi avait ceci de particulier qu'il se pensait au-dessus de tous. Si j'en ai fini avec ce nazi, les gens lucides restent aux aguets...
La haine, à mon sens, ressemble à ces terrains dévastés par la sécheresse, les inondations, les pesticides, la pollution, le bétonnage intensif, les incendies, la déforestation...