Merci pour la photo
Il y a les oiseaux
qui même absents
chantent dans nos silences
les pierres
que nous avons foulées
de nos pas ennivrés
qui claquent toujours
au creux de nos oreilles
les arbres immenses
qui poussent dans nos corps endoloris
les vagues lointaines
si proches
ondulant dans nos cellules
les étoiles des nuits
les étoiles de mer
luisantes dans nos coeurs
les ruisseaux
les rivières
des montagnes de peaux
d'écorce
ces poèmes en morse
en marche
les bourgeons de février
de mars
Il y a les souvenirs
des photos plein les têtes
des paysages qui ne nous quittent pas
des hommes et des femmes
et des enfants
des inconnus
aux sourires de géants
Il y a les traumatismes
tant de mots en isthmes
des anses secrètes
de petits trous dans les bois
et tant de bêtes qui nous percoivent
Il y a de l'amour assurément
d'un pole à l'autre
et dans tous les sens
dans tout pays
dans le désert
Il y a des cadeaux
pas mêmes importants
chance dans l'indigence
des fiertés chez les pauvres
des civières qui s'en vont en naviguant
sans ors ni hommages
Elles creusent des nids de douceur
qui s'évaporent en ruisselets dorés
Il y a des Dieux
Il n'y en a plus
La terre s'en fout
dégorgeant ses eaux de trop
ou gémissant de sécheresse
Il y a des livres
et des auteurs
et tous les mots
qui franchissent les frontières