Ne vouloir se souvenir
que des moments heureux
quand on y croyait encore
à nos amours
nos espiègleries
nos escapades
nos insouciances
L'enfantement ne s'oublie pas
ni la force qu'il procure
Les corps s'usent si vite
qu'il faut inventer de nouvelles vies
d'autres sources de plaisir
Les corps s'usent si vite
On voudrait les contraindre
Lâcher prise
Tant qu'on garde sa faculté d'émerveillement
A défaut de tenir
j'écrirai autrement
Ces vieux me disaient
le pire
la solitude et l'ennui
A devoir trop faire en si peu de temps
nous ne pouvions combler tous leurs manques
Ne vouloir se souvenir
que des gens aimables et généreux
Enfouir la haine sous un gros tas de déchets
nucléaires
La gommer sans l'oublier
On ne peut pas
J'irai conter encore
connais des animistes
les comprends
Je n'y crois pas aux esprits
je les invente
les veux bienfaisants
ne nous faisant pas naître
coupables
J'aime que les enfants y croient
qu'ils rêvent
qu'ils imaginent
qu'ils se créent des "poupées - tracas"
J'aime que les enfants
dominent leurs peurs
et qu'ils se créent des mondes
d'enfants
qu'ils ne se croient pas seuls
dans leurs tristesses
qu'ils ne se croient pas
responsables
J'aime voir leurs sourires
leur manger les yeux