Mes mots ne seront plus mes ennemis
Je leur ferai un nid douillet
une place généreuse
une place qui ne prendra pas
toute la place
Je les apprivoise dès l'aube
puis les range dans un tiroir cérébral
Qu'ils s'y reposent !
Qu'ils me laissent tranquille !
Mes mots deviennent mes amis
Je les accueille enfin
sans colère ni déni
Il ne me fallait pas qu'une chambre
mais une fenêtre ouverte
sur l'avenir
Il ne me fallait pas que des bras
mais une tête reposée
sur le fracas de mes ennuis
Il me fallait une vraie retraite
en somme
sortir du tunnel de la précarité
Il me fallait la sérénité
Je les apprivoise dès l'aube
puis me consacre à mes amis
à ma santé
à ma famille
à mes loisirs
Mes mots s'apaisent
et me regardent
droits dans les yeux
Qu'ils soient tempête
ou éclaircies
mes mots sont le bateau
sur lequel je n'ai jamais navigué
Qu'ils soient loupés
ou bien écrits
mes mots sont le voyage
dans ce pays inconnu
C'est en rencontrant les autres
que ce soit en vrai ou par écrit
que la douceur s'avance
contre la haine
et la maladie