La fille du ramoneur
Elle grimpait sur des échelles
ne croyait plus aux balivernes
avait jeté son cœur
au delà des toitures
La fille du ramoneur
Elle mangeait avec les routiers
les ouvriers
qui ôtaient leurs bonnets
remplis de délicatesse
et partageait leur pain
La fille du ramoneur
Elle n'allait plus à la messe
encore moins à confesse
et traînait ses angoisses
au milieu des billards
des concerts des paumés
s’agrippant à son cafard
comme d'un sac de blé
La fille du ramoneur
Elle essuyait des sarcasmes
sur les pages de livres dorés
mesurant leurs petitesses
sur l'arc-en-ciel
de la tendresse
La fille du ramoneur
Elle fuyait les proxos
friands des jeunes prolos
les giflant à son aise
leur crachant leurs venins
le soleil dans la tête
sans croire leur baratin
La fille du ramoneur
Elle courait après l'amour
n'en vécu que les contours
sautait des voitures
vomissait leurs haines
dans des ruisseaux blafards
La fille du ramoneur
Elle grimpait sur des échelles
pas pour monter au ciel
pour échapper au vertige
et connaître ce père
que l'alcool nous brisait
La fille du ramoneur
Elle errait sur les routes
comme un animal traqué
pour rencontrer la paix
la fin de l'éternité
de leurs impunités
La fille du ramoneur
Inspiré par la fille du coupeur de joints de Thiéfaine bien sûr
(Coupeur de joints ou coupeurs de joints, de jointures)