Ô miroirs de la poésie
pour s'y voir
il faut avoir le cœur bien accroché
As-tu du cœur Cendrillon
Mangeras-tu la pomme
et ses pépins
As-tu rêvé d'une couronne
et d'escarpins
Cherches-tu un prince et son royaume
Un nouveau sacrifice
au centre des tes paumes
Ou renonces-tu à ta cour
de singes savants
Cendrillon porte des godillots
pour s'échapper plus vite
Elle y a inséré des semelles
et un peu de physique
Elle marche au son d'un tambour
munie d' élastiques
Elle n'a pas trouvé les bottes du chat botté
c'est sûr
Ce n'est pas ce qu'elle cherche non plus
Peut-être s'est-elle prise pour la sœur du p'tit Poucet
à semer des mots
comme d'autres des cailloux
des miettes de pain
des fleurs
ou des insultes
Cendrillon a plusieurs visages
tant de miroirs mirifiques
maléfiques
ordinaires
Elle aime les briser
n'en garder qu'un reflet scintillant
musclé avec de petites haltères
a du apprendre
c'est vrai
à aimer son reflet
Elle n'a jamais vu de vrai feu follet
a toujours préféré les étoiles
pas comme promesses du paradis
ni stars dévoilées
les étoiles
pour ce qu'elles sont
Petits incendies lointains
vivaces
Ô miroirs multiples de la poésie
pour s'y voir
il faut avoir le cœur bien accroché
et affronter le vertige