Ô mon petit cœur fragile
tiens le coup
encore quelques années
fais le fou
mais sans t'y ruiner
Aime encore
et aime au-delà des haines
et des rancœurs
jette leurs ors
leurs artifices
leurs mensonges
Aime encore
cesse de courir
fais moi vivre au ralenti
et si ce supposé ralenti
était la norme
et si vos harcèlements
et dénigrements
n'étaient ni conformes
ni justifiés
s'ils ne trahissaient que l'intégrisme
de vos pensées
J'écris ici pour moi
Nous écrivons d'abord pour nous
Resterai la chef
de mes décisions
Ai lu tes poèmes
qui se targuent d'être beaux
y ai vu de jolis mots
aucune tendresse
Aucune émotion n'en sortait
ça ne vient pas de moi
mais de ton indifférence
de tes peurs d'aimer
de tes ignorances
ça ne vient pas de moi
mais de ton cœur peureux
et de ton orgueil
de ta jeunesse
sans doute
de ce dont tu m'accuses
De jolis mots
sans profondeur
de la poudre aux yeux
du narcissisme en paillettes
Il te faudra
grandir
De jolis mots
des rimes forcées
ne font pas forcément un poème
Ne me prends pas pour un poète
ni-même une poétesse
me contente de rester vraie
de ne pas tricher
Avais écrit sur les réseaux
j'écrirai vraiment à la retraite
y travaillerai
Il me faut ce temps
que je n'ai pas su ou pu avoir
avant
C'est devenu un temps cardiaque
mais dans un sens
puisque mon cœur doit vivre sans stress
puisque j'apprends la patience
et chasse l'angoisse
mais dans tous les sens
nous marchons vers la mort
pas à pas
La vieillesse
rassemble aussi les membres d'une même famille
s'ils se sont aimés
J'ai vu par hasard une aumônière,
très sympathique,
dans la chambre d'une amie,
qui m'a demandé :
« Pourrais - je savoir comment vous avez perdu la foi ? »
Je lui ai répondu qu' 'il s'agissait de raisons purement intellectuelles.
Elle n'a pas insisté et c'est bien ce que j'espérais. Mon amie, elle, est très croyante. J'ai été claire. Si tu cherches à m'évangéliser, je ne te verrai plus.
Je voulais écrire un poème, ai écrit autre chose. Qui peut savoir où nous mène l'écriture ? j'étais bien dans mon lit, hormis ces douleurs de tendons calcifiés dans tout le bras et l'épaule gauches, ne m'en sentais pourtant pas stressée. En prends l'habitude. Ne pas confondre avec les prémices d'un nouvel infarctus. N'ai pas fermé l'œil. Pourtant reposée. Tous ces cachets peut-être. Vais marcher.
Ne vous leurrez pas. il y a bien une médecine pour pauvres et l'une pour riches, question de moyens. Ceci dit, je me trouve très bien soignée au CHU et par des gens adorables.