Mots enfouis de rupture
Après avoir lu « ruptures » d’Edith Azam
Et sans vouloir écrire à la manière d’Edith Azam
Le cobra décédé
C’était un dealer et je n’en savais rien
Ça ne s’est pas très bien passé
Ça ne s’est pas bien passé du tout
C’était dans l’errance la colère et la dépression
Et je n’en savais rien
Sauf qu’aucun mot ne sortait
Sauf que la folie semblait m’avoir envahie
Manteau faussement protecteur
Puis je l’ai vu s’empoigner avec son père
Puis j’ai appris qu’il était un enfant rebelle et frappé
Frappé à coups de ceinture
Il parlait bien
Je ne parlais pas
Il parlait beaucoup pour ne rien dire
Et je n’en savais rien
J’ai rompu sans peine
Mais soulagement
J’ai su qu’il était devenu père
Et rien de plus
Sauf qu’il est mort
N’en ai pas éprouvé de chagrin particulier des années après
Pourquoi mentirai-je ?
Avoir été frappé par son père ne donne pas le droit de tenter d’amener autrui dans sa déchéance
Avoir été frappé par son père ne justifie pas d’agresser une femme
Quand-bien même il en aurait voulu à sa mère
Même s’il n’en savait rien
°
L’ amoureux quitté
O mon amour
J’ai trop fait pour te contenter
jusqu’à oublier ma liberté
Fautifs tous les deux
Élevée soumise
et toi dominant
Élevés
comme des idiots
Aveugles et croyant bien faire
ne pouvant se dépêtrer des rôles bien définis
attribués par nos pères et mères
depuis des siècles et des siècles
encore trop prégnants dans nos sociétés
J’ai pris conscience
Tu es resté en rade
N’avais pas de méthode non plus
J’ai foncé
Foncé jusqu’à la nuit
pour retrouver la lumière
Toute rancune derrière
Il est trop tard
quand la confiance n’est plus
Il est bien tard quand l’amour s’en est allé
Au mieux, t’accepterai comme un ex
comme une belle histoire qui s’est mal terminée
un vieux souvenir sympathique
un ami peut-être
sans propos vulgaires et déplacés
Et non, n’ai plus besoin de toi
Et non, tu n’as plus besoin de moi
S'il restait un pont entre nous
que nos éventuelles rencontres n’en soient pas entachées
qu'elles soient sous le signe de l'humour
Moi
J’ai tourné la page depuis longtemps
En réalité
Seuls des mots subsistent
Les assumerai tous
C'est par les mots que je m'en tire
Et parfois me tire
C'est peut-être ce qu'il vous manque
Des mots pour le dire
Mais avant tout
Des oreilles pour entendre