Informations : sarkozy condamné. Tant mieux ! je lui espère la prison. Il n'ira sans doute pas, nous le savons déjà, mais condamnations et bracelet électronique, ça la fout mal pour un ancien président.
Femme pauvre, je ne voterai pour aucun corrompu et surtout pas pour le fn dont les militants ont contribué à mon handicap.
Ceux qui m'ont obligée à trimer naguère votait fn ou sarkozy. Je ne suis pas masochiste.
Plusieurs années d'aide à domicile, faute de travail. Appauvrie par ce métier, je l'ai vécu comme de l'esclavage moderne, à la fois par les conditions de travail, le salaire minable, à cause de trop d'usagers toujours aisés qui nous maltraitaient et exerçaient un chantage à la dénonciation :
" Si vous refusez cette tâche, j'appelle vos chefs"
"Si vous refusez cette tâche, je vous renvoie"
" Si vous refusez cette tâche, je vous dénigre"
sans compter toutes les arnaques que nous subissions en CESU. Faux contrats, pas d'attestations de travail, etc. Pas de congés payés non plus. Pas de possibilité d'emprunts auprès des banques.
J'irai plus loin : les associations dans lesquelles j'ai travaillé nous renvoyaient chez les usagers qui nous humiliaient et nous maltraitaient : "Il n'y a que vous, il faut y aller, en plus, vous avez une voiture ( et c'est vous qui en paierez tout l'entretien et les réparations) ".
Quoiqu' il se passait, l'aide à domicile avait toujours tort face aux usagers. Elle était culpabilisée, sermonnée, et parfois, comme moi, se récoltait un avertissement.
Les interventions : entre 2 et 4 heures chez les plus aisés, et de plus-en-plus 30 min chez les pauvres. Nous étions nombreuses à pointer au bout de 30 minutes et à continuer notre travail, car 30 min, c'était bien trop court pour tout faire, surtout quand la majorité des personnes âgées sont longues à manger.
30 min pour les lever, les amener aux toilettes ou les changer, parfois complètement, les nourrir, leur faire prendre leurs cachets, parfois les recoucher, faire la vaisselle, remplir le cahier de liaison, etc. Nous avions des fiches dans un classeur sur lesquelles nous étions censées cocher les tâches effectuées. Temps supplémentaire à prévoir. C'était la course, tout le temps.
Quand physiquement, je n' ai plus été capable de travailler, une entreprise m'a conseillée une psychologue du travail, qui a tenté de me convaincre que j'étais gravement malade (mentalement). Voilà comment ça s'est passé réellement.
Tout était fait pour que nous restions dans la précarité et pour que nous nous taisions.
C'est devenu un marché très lucratif aux dépends des aides à domiciles, aux dépends de leur vie professionnelle et de leur santé. Il s'agit essentiellement de femmes, maintenues dans une grande précarité, qui ne gagnent que le droit d'être reconnues travailleuses handicapées, et ce, sans aucun dédommagement.
Mais on n' a pas le droit de le dire ni de l'écrire parce que c'est un secteur qui recrute et que les besoins sont énormes...
PS : quand-bien même ce texte pourrait me faire du tort, je ne l'effacerai pas car il fut ma réalité et la réalité à la fois.