Ne pas renoncer
ni au désir ni au faire
j'ai défait
fus défaite
j'ai déconstruit
Il faudra m'y faire
Marcher de même
Mon arbre
j'en connais le nom
et sa sagesse
Y ai grimpé en douceur
Ai vu loin
si loin que des larmes en ont coulé
Ne suis plus triste
La tristesse va et vient comme le ressac d'un océan
puis d'une mer
J'y ramasse des étoiles
puis les libère
Je tends ma tête
et vois vos visages
vois même vos sourires
vos propres larmes
J'ai lu « La terre nous est étroite » (Mahmoud Darwich)
ça parle de guerre d'exil d'amour d'un pays assassiné
Eux aussi aiment la vie « quand ils en ont les moyens »
Moi, ne cherchais que des vêtements corrects pour les exilés
pour qui en avait besoin
Ce n'était pas grand-chose
ça m'était important
J 'ai porté
trop
mais trop pour qui
Je donnais
trop
mais trop pour qui
Un pull de plus, quelle importance sauf pour ceux qui en ont besoin
Un beau costume, une belle cravate, un joli foulard
et alors !
Si les gens en donnaient ! des vêtements
Il y a ceux qui les donnaient sales, troués, percés, inutilisables
des chaussures qui prenaient l'eau
Des bénévoles parfois racistes
Et oui, ça existe !
Des bénévoles parfois jaloux
jaloux de ce qu'on peut donner à un pauvre
en minorité
heureusement !
Marques de tortures sur les corps
et dans les regards
aussi
Marques de l'exil
et de la misère
et puis des jeunes
et puis des vieux
Alors
quand bien même une poignée de pauvres « profiteraient »
profiteraient de quoi ?
des aides pour les pauvres ?
De plus-en-plus de pauvres et de moins - en - moins à leur donner à manger
ça, c'est une réalité
Si c était ça qui ruinait la France, ça se saurait !
J'ai démissionné
par fatigue
Je ne m'en veux pas