J'ai pris tous les chemins
qui s'offraient à mon regard
suis rentrée chez les marquis
comme j'entrais dans le maquis
observé leurs terres
leurs chasses
leurs titres
Rien ne m'a fait envie
Ne me perds plus dans les forêts
ne les traverse plus
comme un feu follet
y ai vu des sécheresses
des arbres abattus
des abandons
d'anciennes traces de culture
Je n'ai plus peur des bûcherons
ni des haches levées vers l'horizon
Seule
j'ai ma bombe au poivre pourtant
et un tout petit couteau
bien aiguisé
que j'oublie souvent
c'est pour couper des champignons
On lit que les hommes sont bien seuls
sans jamais parler des femmes
J'écris qu'ils en sont responsables
comme moi de ma solitude
Un ancien voisin m'évoquait sa misère sexuelle
Celles des femmes lui importaient peu
Il ouvrait sa fenêtre éméché
s'écriant :
Mes voisines, je vous aime !
Il avait violé sa femme étrangère
et n'y était pour rien
Elle l'avait mérité !
Il n'avait jamais voulu divorcer
" Il l'aimait encore" nous disait-il
Il s'était plaint de mon indifférence
Lui avais fermé ma porte
De qui se moque-t-on
Il aurait été un homme gentil
jeune
S'il avait sombré dans l'alcool, la drogue
et la violence
les femmes n'y sont pour rien