Au fil de l'eau
ou des prairies
j'ai noyé mon fardeau
puisé les mots enfouis
traqué la lumière
ne marche plus seule
sur un fil brisé
vois l'humain dans tout paysage
les traces de son labeur
Au fil des mots
j'ai rencontré des visages
tant ployé sous l'esclavage
vois l'amour dans le partage
Aux feuillages des saisons
j'ai accroché mon image
suspendu des zombies
qui avaient perdu leurs yeux
suis partie
sans me retourner
Au fil de mes tendons
ai gravé des rires
des élastiques
des amitiés
sans paroxysme
Au fil de la poésie
me suis maintenue
comme une damnée
me suis libérée
d'un coup de pied
Le nouveau chat miaule sa peur
sous le divan
réclame mon attention
Il aura bientôt le courage
de m'apprivoiser
Au fil de l'amour
ne recherche plus rien
qu'un hasard bien incertain
une rencontre sans y penser
un homme sorti
de ses ombres