ça n'existe pas
Que dans nos mains qui se tendent
Sans parfois se rejoindre
Dans nos corps qui s 'éveillent
Le rêve d'un infini
Dans nos yeux qui s'éclairent
Se vêtissent d'illusions
Nos émois qui trahissent
ça n'existe pas
Que dans la douceur de mon chat
Dans la rosée du matin
La claire-voie de ma tête
Ou l'odeur de la parisette
Le moelleux du vrai pain
Le secret d'une châtaigne
La corolle des fleurs
ça n'existe pas
Que dans un vers de soie
Chez l'oiseau de Minos
Les folies de Miro
Sur les ailes d'Isabelle
Sur le petit cheval bleu
Dans la lettre à Elsa
Et nos coeurs amoureux
ça n'existe pas
Que dans les mots du poète
Les perles d'une femme
Enlacées aux yeux mâles
Dans le tendre d'une écorce
Ecorchée dans son âme
Epousant le lichen
Aux griffures des aurores
Dans l'aubier de nos corps
Re-sculptés par nos flammes
Et caressant nos armes
ça n'existe pas
Que dans les yeux des innocents
Dans le rouge feuillu qui s' allume
Dans la couche de deux amants
Dans nos bouches avides de baisers
Dans nos bouches arides à cracher
Dans la chaleur d'un logis
Même sous la douche
Rumeurs de nos envies
Et sur le pouce
D'un Poucet qui en rit
ça n'existe pas
Si nous l'avons perdu
Sur un chemin tracé d'épines
Si nous l'avons laissé
A des fauves affamés
Si nous l'avons enfoui
Au creux d'un coeur glacé
Même sur la fourche
D'un tison brûlé
ça n'existe pas
Si nous en avons peur
Trop, trop de chaleur
Pourrait nuire à nos insuffisances
Trop, trop de bonheur
Pourrait nuire à nos malheurs
ça n'existe pas
Que dans les rêves tout bleu des enfants
Dans les trêves des élans insouciants
ça n'existe pas
J'irai le chercher
Sur la traîne des étoiles
J'irai l'épouser
Sur les chênes qui me voilent
J'irai mourir encore
Pour renaître à ta vie
J'irai sourire à mes fenêtres
De survie
J'irai mourir un jour
Un sourire sur nos lèvres