Je marche dans la ville
Et je marche
Sur l'effroi du grand fil
Sur l'indifférence des feuilles mortes
Sous les cris des corbeaux
Je marche sur la lune
Et je marche
Dans les volutes de ton cerveau
Dans les couloirs vides qui t'assiègent
Sur le tranchant aigu de ma plume
Je marche dans la ville
Et je marche
Sur les drapeaux enfantés par tes peurs
Sur tes tyrannies d'enfant
Sur les amours niés
Et je craque
à la traîne des comètes
Et je trace
à la crème d'un poème
Je marche dans la ville
Et te vois, tout nu et sanglant
Je marche dans la ville
Et me vois, muette et tremblante
Me place
Sous l'ongle d'un beau charme
M'attache
A l'orée de ses flammes
Me tatoue sur la peau
Tous les ors de ses feuilles flétries
J'aime cet arbre encore jeune
Si vieux de ses racines
Mais le vent sait qu'il doit poursuivre sa course
Atteindre des nuages qui me sont inconnus
Nous nous séparerons en gémissant
Comme des enfants qui entrent dans la nuit
Nous ne nous séparerons jamais
Comme des amants
Hantant l'arc-en-ciel du milleperthuis