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Je suis ma propre mère

Et mon enfant

Je me porte

 

Toute seule

 

Je n'ai plus jamais été la même

Mais j'ai fini par me reconnaître

 

Le pire, ce fut pourtant  l'agression sans viol mais avec menaces de viol et de mort

Peut-être parce que j'avais été violée sans violences apparentes

Et parce que j'ai cru en mon assassinat annoncé

 

Dénis

 

Pendant longtemps, je me suis demandée si j'avais été violée ou pas

Si je n'avais pas favorisé le viol

Si je n'avais pas été moi, à chaque fois la responsable

 

J'étais incapable de répondre  à ces questions

 

D'autres y répondaient pour moi

Et se trompaient

 

Alors, les victimes se taisent

La peur de faire du mal

 

Le mal est rentré en elles (ou en eux)

Elles sont le mal

 

Possédées

Diaboliques

 

Elles portent l'enfer et la malédiction

Je portais déjà les cornes du diable depuis la maternelle de toute façon

 

J'ai continué à les porter en lisant la Bible, oui, la Bible, que cela vous plaise ou non

 

C'est tout leur corps qui en est marqué

Alors, elles le cachent

Elles rasent les murs

Elles s'habillent dans des sacs

 

D'autres au contraire jouent aux putes

C'est pareil au fond

 

Les séquelles à court terme?

(exemples)

 

Angoisses

Cauchemars

Insomnies

Drogue

Alcool

Boulimie

Anorexie

Fugues

Déconnexion avec le réel

Dévalorisation

Abandon des études

Tentatives de suicide

Effacement

Autisme conscient

Dépression nerveuse

Etc

 

Les séquelles à long terme?

 

Une sorte d'intransigeance

Je ne supporte pas les moqueries gratuites, la stupidité faignante, les gens trop orgueilleux

Un goût poussé pour la vérité

Des colères subites ( Pas moi,  mes colères furent longtemps  toutes intérieures)

Un dégoût pour toute hypocrisie

Pour toute autorité injustifiée, injuste, inculte, désuète, patriarcale, méprisante

Une dureté apparente

Une carapace

Un manque d'assurance

Un manque de patience et une patience énorme à la fois, tout dépend des circonstances

Une méfiance accrue

Une demande d'affection sans doute accrue

Des moments d'angoisse passagers (on apprend à gérer)

Des nuits blanches ( plus du tout, je dors très bien, une fois cou et épaule calés)

Des incompréhensions, des interprétations parfois érronées

Des humeurs changeantes ( pas tellement moi, je suis plutôt d'humeur constante)

Et des répercussions familiales forcément

Et peut-être professionnelles, j'ai connu longtemps la peur de travailler

Femme au foyer, ça m'arrangeait en fait

Aucune ambition professionnelle

L'angoisse de sortir seule (  vaincue )

Du pityriasis (maladie de peau, quasiment plus sauf en face de menteurs) pratique finalement !

Des difficultés à me trouver des qualités ( ça va mieux ! )

ça suffit peut-être

 

Mais j'ai toujours fait la différence entre mes agresseurs et les autres

Entre un viol et l'amour

Et une envie de rire et de vivre, je ne vous raconte pas !

 

Pour faire face, la méthode kwaï, coué

J'ai peur de sortir alors je sors

J'ai peur de parler alors je parle

J'ai peur des endroits publics alors j'y vais

J'ai peur de la ville alors je la traverse

C'est en gros comme ça que je me suis soignée

Seule puisque sans réponses ailleurs

Tout ça, c'est du passé

 

Mon premier boulot, je m'enfermais dans les toilettes, je bouffais du chocolat, je me faisais vomir et je retournais travailler. Personne n'a rien vu.   Une collègue m'a dit plus tard, tu avais l'air si sereine alors que je n'étais qu'angoisse intérieurement.

Alors, si je ne suis rien Monsieur le Président, je n'ose écrire ce que j'ai envie de vous écrire... Disons que je vais censurer mon envie de  vulgarité consciente.

 

 

 

Tag(s) : #Viols
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