Tout pue la mort parfois
Jusqu'à ce paquet de jambon blanc
Jusqu'aux yeux délavés d'un ivrogne
Jusqu'au désir trop grand d'un inconnu
Tout pue la mort
Si j'en lis les journaux
Jusqu'aux guerres pour un fardeau
Jusqu'aux terres qui manquent d'eau
Tout pue la mort sauf le parfum de nos amours
Sauf les roses trémières qui s'élèvent en se courbant
Sauf les rires des enfants dans la rue paisible
Sauf les éclats de voix des voisins et le son de la plaisanterie
Tout sent la vie
Pour ceux qui l'aiment
Tous sur le parvis
Pour chanter une fredaine
Parfois, nous sommes heureux
C'est un crayon qui perce les nuages
C'est un bateau qui largue les amarres
C'est une chanson qui plaque les colères
Tout sent la vie
Si on veut s'en donner la peine
Parfois, nous sommes heureux
C'est un sourire déposé sur une feuille
Un rayon de prune rayant le ciel affriolant