Tourbière des Dauges, août 08.
Nous avons suivi le fil de la tourbière
Ma tourbe hier
Si profonde et noire
Nous avons longé les bords de sa cuvette.
Ma courbe hier
Féconde, ce soir
La tourbière soulève ses soies
Au pélerin discret
La tourbière offre ses charmes
Mais qui n'en a pas
Et quoi
Sphaigne et carex
Linaigrette et droséra
je saigne en cercles las
M'y baigne.
Puis délave
Nulle guerre ici-bas
ça pousse oui
ça glousse
Ecoute
ça tousse
ça se trémousse.
Touffes rousses
ça mousse
ça souche
ça touche
ça se couche
Semences
ça frissonne
ça chantonne
ça résonne
Et ça résiste
Spiranthe et callune
J'aspire le clair de lune
Lycopode en massue
je jette.
La massue.
Où sont-ils les corps des défunts sinon dans les bouches avides des tourbières?
Où sont-elles les âmes des soldats sinon dans les larmes des droséras?
Et nulle comète pour m'en consoler mais le pic noir qui tambourine au rythme des épines qui foudroient mes joies
Et nulle musique pour m'en souvenir sinon cet éloge de Chopin pour relier tous mes chemins
Les ogres ne surgissent qu'aux enfants des dunes...