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Je suis une pomme
Qui attend son vers nourricier
Une femme en désir en somme
Même quand je dors

 

Quand je dors
J'épuise
Et m'en sors

 

Je pèse une tonne
Et bien des plumes de plus

 

J'ai les bronches qui résonnent
Crachent des moisissures

 

J'ai en mon corps des voix qui chantonnent
Comme des fantômes joyeux

 

J'ai eu de ces fatigues qui vous assomment
Vous forcent à faire un pas de plus

Pas à pas


J'ai l'écriture qui me talonne
M'a agrippée

 

Pas sans moi petite pomme déjà mûre
Tu as besoin de moi
Sauter par dessus des murs
Reconstruire
Une arche plus sûre
Barrée d'arcs-en-ciel
Mais sans enluminures

 

Si tu veux
Je peux être bonne
à te donner mes mains
Mes peaux mes lacs

Si tu prends tout
Mes miasmes mes aphtes et mes abcès

Ma rate inutile mes asphaltes et mes accès

 

Un bouillonnement d'organes
Plus ou moins frais

ça me fait rire
Un corps est un geyser endormi

 

Toi tu soupires
Il faut souvent une confrontation
Un corps-à-corps
Des accords et des nous

 

Aidons-nous

 

Je finirai ce poème quand je l'aurais décidé
Il s'adresse autant à moi qu'à toi
Ce qui vaut pour l'un vaut aussi pour l'autre

 

C'est aussi donnant-donnant
Nous allons faire le marché
C'est d'accord
Pas un marché de dupes

 

Nous allons écouter les huppes et ce qu'elles nous disent
Elles jouent aux mortes parfois pour s'en tirer
Elles paradent

Elles ont les têtes de rois et reines déchus
Une belle aigrette pour la beauté
Et des viscères

 

Ce poème pourrait être interminable
S'il n'y avait toutes ces préoccupations nécessaires
Travail, voiture, linge, repas, comptes

 

Est-ce que je compte encore pour toi
Est-ce que tu comptes pour moi

1 jour sans amour, 2, 3, 4, 5, des jours valant des siècles ou des socles


Nous nous attachons à des pierres pour ne pas sombrer
De petits cailloux parfois

Tendres et fous
De ceux que brassent les rivières

 

J'ai vu la huppe et sa longue traine des bois
Des renardeaux sans peur
Un lièvre énorme je lui ai fait peur
Bien des lèvres sans mots
Parfois les miennes

 

J'ai rencontré des hommes sans feu ni forces
Des hommes très lourds ou trop légers

 

Je ne fume plus depuis hier soir
Fumer m'ennuie
C'est donc gagné

 

Tu devrais penser à boire un peu plus l'eau des ruisseaux
De temps-en-temps
Entendre la vie qui coule en toi

 

J'écris sans réfléchir
ça vient tout seul


J'ai tant lu Bukowski hier

Il n'a pas tort mais n'a pas raison
Il est souvent en dehors
En dehors de lui
Il n'a pas tort mais n'a pas raison celui qui pense que tout est vain
Tout est vain vin et vilain à la fois

 

Ce poème t'est dédié
Je ne sais pas faire autrement que parler des gens que j'aime

 

Les hommes que j'ai aimés ne m'ont jamais lu
Ou en cachette qui sait

ça leur fait peur l'écriture
Ils ont peur d'en souffrir

 

J'écris seulement que je suis ta soeur
Et peut-être bien parfois ta mère aussi
Ta fille
Une femme que tu as aimée
La même et une autre à la fois

 

j'écris alors que tu es mon frère
Et peut-être bien parfois mon père aussi
Un homme que j'ai aimé
Le même et un autre à la fois

 

Je peux écrire n'importe quoi
J'y mets mon coeur et mes oreilles
Tes fleurs et tes couilles trop pleines
Ou qui tombent par terre

 

Je peux écrire n'importe quoi
J'y mets ton coeur et tes pareils
Mes pleurs et mes rouilles qui veillent
Ou qui tombent sous terre

 

Nous ne savons pas toujours pourquoi nous aimons
Nous aimons mal
Nous aimons trop fort et pas assez

Nous avons mal
Nous sommes heureux
Nous sommes si pales
Et bienheureux

 

Le laurier fleurit encore
Les volubilis crèvent
Négligés

 

Peut-être qu'ils ont fait leur temps
Qu'il est simplement l'heure de tailler les noyers

Tag(s) : #pauséie
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