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La folle au bois flotté.

   

Vassivière

        

J’avais suivi ce stage de contes sur l’île de Vassivière. J’y suis arrivée timide, incertaine, malhabile, avec une histoire qui n’en était pas une, toute chamboulée par la mort récente d’une amie cancéreuse. Fabienne, vaincue par son lymphome à grandes cellules B, un nom savant pour une saloperie, après cinq ans de lutte.

Le conte que je devais raconter devant le coach et le groupe des autres stagiaires était décousu et imprégné de ce deuil récent. Un navet. Quelques lignes écrites avec la colère et la tristesse qui bouillonnaient en-dedans et ne sortaient pas.

 

J’avais fait ce stage avec des conteurs débutants, des passionnés d’histoire et de légendes, des enseignants, un archéologue et un clown femme dont c’était le métier.

J’avais fait ce stage et au bout des trois jours prévus, avait pondu un conte qui parlait d’un allumeur de réverbères auquel je ne croyais pas. Il m’avait été inspiré par un ami qui m’avait offert le gîte et m’amenait en bateau des berges du lac jusqu’à l’île.

« Tu es conteuse et tu ne le sais pas, » m’avait soufflé le clown femme à l’oreille, alors que je n’y croyais pas, non. Je ne crois plus à rien et c’est ce qui me distingue.

Je ne crois plus en rien sauf en des hommes, des femmes et des enfants, des enfants à préserver, en l’amour qui les guide et les soutient. Je ne crois plus en rien sauf en des êtres humains.  Au fond, je crois que c’est en moi que je n’ai jamais cru.

J’étais donc conteuse et n’en savais rien. J’en étais exactement là...

Tag(s) : #Extraits de roman
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